Les ailes du Printemps

Berthe Morisot

Poème illustré par un tableau de :

Berthe Morisot
(1841-1895)

Les ailes du printemps effleurent le jardin,
Et leur doux friselis tout en délicatesse
Fait mollement frémir de ses tièdes caresses
Les fleurs en devenir, arbrisseaux, lavandin…

Lisa s’est étendue sous le nouveau soleil
Pour un tout premier bain de feu et de lumière :
Jouissance infinie et délices primaires
D’être ainsi allongée sous le brasier vermeil

Enfin ressuscité après le mauvais temps.
Le printemps polisson, assisté par la brise,
S’amuse à l’effleurer, et la belle, surprise,
Rit de ses chatouillis ; et elle rit d’autant

Qu’elle est vraiment sensible au moindre attouchement !
Le soleil est léger, coquin qui lui picote
Les seins qu’elle a tout ronds. Lui aussi l’asticote,
Emoustillant sa peau d’un doux fourmillement.

Les oiseaux flûtent haut, le temps est délicieux ;
Tout est en harmonie, la Terre est généreuse
Et s’offre abondamment. Lisa est si heureuse
Qu’elle se sent monter jusqu’au plus haut des cieux…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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