L’ennemi

Il s’attache à nos pas, ne nous quitte jamais :
Un comparse furtif, toujours à nos côtés,
Qui insidieusement vient effacer les traces
Du printemps de la vie. Et jamais rien ne lasse

Ce monstre qui nous mène : au fur à mesure
Qu’il nous entraîne au loin, accélèrant l’allure,
Il flétrit un peu plus chaque jour notre aspect.
Impossible avec lui de pouvoir s’arrêter :

Qui qu’on soit, l’on doit suivre et aller de l’avant,
Soumis comme une feuille à l’allure du vent.
On ne peut rien y faire, on ne peut résister
A ses assauts brutaux. Il est vain de lutter

Contre l’ogre glouton qui boit notre substance
Et notre dernier âge, avec une constance
Que personne, jamais, ne put anéantir.
Il nous force à toujours marcher vers l’Avenir ;

Avenir et Passé, mais jamais de Présent !
Le Présent est Futur, inéluctablement,
Filant entre les doigts comme l’eau ou le sable.
On ne peut qu’approcher du but inexorable

Pendant que ce barbare exerce ses ravages
En marquant notre corps de ses maudits outrages.
Il nous entraîne tous vers l’ultime moment.
Ce monstre, c’est le maître et l’ennemi : le Temps !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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