L’endroit…

Il y avait jadis au centre du village
Un antique moulin dont deux vieux respectables,
Un ancien avocat à la vie sans orages
Et une dame d’Aix tout à fait honorable,

Avaient fait une auberge. Un endroit de bon ton
Pour des gens délicats et des gourmets bien nés.
Une ambiance feutrée, les petits gestes ronds
D’un vieux monsieur charmant, peut-être un peu gourmé…

Ils sont morts, c’est la vie ! L’auberge fut bradée ;
Puis on la relooka pour être au goût du jour,
Sauf l’aspect extérieur qui fut sauvegardé :
Vieilles pierres moussues, Provence de toujours…

Bientôt, très tard le soir, de superbes voitures
Se garèrent non loin, assez discrètement.
Ce fut un va-et-vient de bijoux, de fourrures,
De beautés un peu louche(s) et d’hommes trop clinquants.

On y vint de partout, l’endroit était célèbre
Car les habitués étaient très… partageurs !
Des moeurs olé-olé,  et de drôles de zèbres
Laissant les villageois perplexes et songeurs

Face à l’étrangeté de tels frères humains…
Assis non loin de là, sur un vieux banc de pierre,
Deux fantômes groggys se tenaient par la main,
Des larmes de cristal roulant sur leur suaire.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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