L’effondrement

La maison a craqué : elle est tellement vieille
Qu’on ne s’en soucie plus ! Les gens qui y sommeillent
N’ont pas encor compris qu’elle est vraiment au bout
D’une trop longue vie ; qu’être toujours debout

Requiert de gros efforts ; qu’elle désirerait
Etre rafistolée ; que ses murs fissurés
N’en peuvent vraiment plus ; que toute sa charpente
Vacille depuis peu de façon effrayante :

Mille et mille raisons pour perdre tout courage !
La maison négligée envahie par la rage
D’être ainsi délaissée va se laisser aller !
Elle l’a décidé : elle va s’écrouler…

Marseille l’indolent aurait-il ignoré
Que tant de nonchaloir ne pouvait qu’engendrer
Un drame scandaleux dans l’une de ses rues ?
Drame suscitant même une idée incongrue :

Et si c’était un bien que ce trop vieil immeuble
Se soit désintégré comme une terre meuble
Et fragile au moment où il était gênant ?
Et s’il était tombé vraiment au bon moment ?

Mais il y a huit morts : on est bien embêté,
D’autant que les media vont vite trompetter
Qu’il n’y a qu’à Marseill(e) que ces choses arrivent,
Que la ville vraiment s’en va à la dérive !

Et ce n’est pas fini : deux autres édifices
Viennent de s’ébouler ! Puisse leur sacrifice
Faire bouger des gens indifférents à tout
Si ce n’est à l’argent qui est le roi partout…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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