Le yoyo

Marie-Laurencin-jeune_fille_la_guirlande_de_fleurs_1935

Poème illustré par une aquarelle de :

Marie Laurencin
(1883-1956)

Il fait froid aujourd’hui, il fera chaud demain :
Cet infernal printemps devient par trop instable
Et ses sautes d’humeur sont vraiment détestables…
Prévoir la météo ? Un boulot inhumain !

Un jour beau, un jour moche : un sourire par-ci,
Une lippe par-là ! Un fichu caractère
Que celui, singulier, de cette jolie Claire
Dont je suis amoureux. Physique réussi,

Mais humeur lunatique. Avril est tout comme elle :
Imprévu et foutraque, à toujours fluctuer
Entre verve et chagrin ! Des envies de tuer
Me saisissent parfois envers la péronnelle

Comme envers ce ciel bleu virant soudain au noir,
Et sans qu’apparemment il ait été possible
D’entrevoir le fléau. Calcul imprévisible :
En plein après-midi l’obscurité du soir !

Il fait gris, il fait beau… Bien fâcheuse attitude !
Pareils à l’équinoxe, aussi inattendus,
Le printemps et ma mie semblent s’être entendus
Pour me pourrir la vie. Immense lassitude

Car tout est imprévu, et la belle, et le temps
Sans cesse louvoyants ! Leurs satanés caprices
Contrarient sans arrêt ma fibre adoratrice
Et leurs revirements sont vraiment déroutants !

Le temps, lui, va changer : l’été est saison stable !
Mais ma belle fantasque ? Oh, comment accepter
Ses lubies insensées sans soudain m’emporter ?
Cette femme-yoyo est juste… insupportable !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

Ce contenu a été publié dans Amours, Les gens, Printemps. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire