Le tortillard

Là-haut dans la montagne, accroché à la pente
Ainsi qu’un escargot qui gravirait un mur,
Un petit train avance à son allure : lente !
Un petit train vaillant dont le parcours est sûr

Malgré l’itinéraire entre les hauts sommets.
Il franchit des viaducs, fait des bonds dans les côtes,
Et fraîchement repeint, ressemble à un jouet :
Un petit train de bois dont les essieux tressautent.

Mais qui a donc osé lui faire escalader
Des rampes si pentues ? Quel ingénieur a pu
Faire de tels calculs et même imaginer
Qu’il pourrait un beau jour monter si près des nues ?

Peu importe après tout ! Il monte et redescend,
Tournicote et s’enroule autour de la montagne,
Passe sous des tunnels, chuinte, court en chantant
Tout au fond des vallées à travers la campagne…

C’est un vrai tortillard. Et bien qu’anachronique,
Il est si renommé que personn(e) n’oserait
Envisager sa mort. Sa charmante musique
Est trop aimée de tous pour être supprimée !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans La Haute Provence. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire