Le squatteur de lits

Au mois de mars dernier, ému, j’ai recueilli
Un joli chat perdu errant dans Ventabren.
Depuis son adoption il squatte tous nos lits,
Y dormant bienheureux, détendu et serein,

Oh ! sans exagérer – bien quinze heures par jour,
Passant de l’une à l’autre couche avec constance.
On a beau le chasser il y revient toujours,
Et quand il ne dort pas on jurerait qu’il pense

Au meilleur lit des lieux pour y dormir le soir.
On est halluciné par autant de paresse :
Cette bête est un chat mi-marmotte, mi-loir
Pour qui nul incident n’existe qui le presse.

S’il ne flemmarde pas, c’est qu’il fait sa toilette,
Un coup de langue ici, un coup de langue là !
Mais son jeu favori, c’est dormir à tue-tête :
Moi je passe la brosse, étrillant les dégats

Car il y a des poils partout, sur tous les lits ;
Des poils noirs, des poils blancs : Monsieur est bigarré !
Insupportable chat que ce sacré Mimi…
Mais dont nous ne pourrions désormais nous passer !

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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