Le soleil rouge

Soleil rouge

Tout là-bas, à l’Ouest, un énorme soleil
Comme une boule rouge. Il paraît y flotter,
Tel un ballon d’enfant étourdiment lâché
Par une main pataude au-dessus de Marseille.

Posé sur l’horizon, il devrait s’enfoncer
D’ici très peu de temps au creux des vagues grises
Qu’il a enjolivées d’un clignotis cerise
Scintillant doucement sur les flots bleu foncé.

Mais l’eau juste au-dessous n’a pas l’air engageant :
Elle paraît très froide, et le soleil hésite
A s’y précipiter. Le suicide ou la fuite ?
Il faut se décider, en finir en plongeant

Jusqu’à demain matin. C’est la règle absolue…
Chaque soir l’astre-roi doit vraiment disparaître
Et dès le lendemain à l’Est réapparaître !
Conscient de son devoir, il s’est donc résolu

A bondir d’un seul coup… mais droit vers le ciel noir !
Un scandale total pour toutes ses ouailles :
Le soleil refusant d’obéir ! La pagaille
Pour la nature entière ! Un énorme foutoir

Qui a duré huit jours, manquant mettre le feu
A l’ordre du cosmos et à la paix mondiale…
Et puis il s’est lassé, et sa course normale
Tout autour de la Terre a repris peu à peu.

Mais l’on avait eu chaud ! Et depuis en Provence,
On est très satisfait qu’il poursuive sa course,
Car de notre bien-être il est l’or et la source.
Un soleil immuable ? On  a eu de la chance !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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