Le soleil perdu

 

Poème illustré par un tableau de :

Pierre Marcel
www.lepommier.net

La Provence est en deuil depuis hier matin.
Au creux de chaque champ, au coin de chaque rue
C’est la désolation et tout le Midi geint :
Son soleil immuable, hélas ! a disparu.

Il est vrai qu’en automne il est parfois très pâle
Mais tout depuis hier est mort et presqu’éteint.
Une lumière terne, inachevée et pâle
Cerne tout d’un halo grisâtre et incertain.

On a cherché partout en poussant de hauts cris,
On n’y voit presque rien et le ciel est très sombre
Car ce n’est pas le jour si ce n’est plus la nuit,
Mais une clarté molle et grise comme l’ombre.

C’est un petit enfant qui nous l’a retrouvé,
Pris en flagrant délit d’énorme maladresse,
Et nous l’avons aidé à se désempêtrer
Nous chauffant fort les doigts mais brûlants de tendresse :

Après avoir quitté son doux nid de velours
Pour comme d’habitude être ici le premier,
Il s’était de lui-même, attendrissant balourd,
Emberlificoté aux branches d’un pommier.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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