Le soleil fou

Le soleil fou

Le soleil qui secoue sa crinière de lion
Au-dessus du Midi crache tant de lumière
Qu’il a tout calciné, jusques au coeur des pierres.
De plus en plus violent au cours de la saison

Qui accable le Sud pendant deux mois entiers,
Il est devenu fou, et sa violence accable
La Provence prostrée sous son poids formidable.
Il exulte de rage et s’acharne à griller

Les jardins maigrelets s’épuisant à verdir.
Asséchant les ruisseaux et buvant les fontaines,
Il est le soleil-lion et ne plaint pas sa peine
Pour tout cramer partout, s’acharnant à ourdir

D’innombrables méfaits des Alpes à la mer.
Car le soleil s’en fout : tout puissant, il profite
Du fait que son gros coeur, tel de la dynamite,
Est capable de tout. Il gronde et vocifère.

Le Midi pantelant à genoux n’en peut plus :
Mais c’est le grand soleil, le maître de la Terre,
Qui comme un aigle en feu l’étouffe dans ses serres.
Il est devenu fou. Et le Monde est perdu.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Contes, Le début de l'été, Le soleil-lion. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire