Le roy René

 

Assis sur sa cathèdre et l’échine courbée,
Le menton sur le poing, il songe à son destin
Si dur à maîtriser. Et il voudrait enfin
Retrouver sa Provence aux fragrances miellées.

Il est las aujourd’hui. Il songe aux six enfants
Que le Ciel lui a pris malgré sa vie limpide.
L’Anjou doucement gris a des cieux trop humides,
Brumeux comme ses yeux en ce jour déclinant.

Il a soif de soleil, de la Sainte Victoire,
Et du chant criquetant des cigales dorées.
Ses couronnes soudain commencent à peser
Loin des oliviers gris, de la garrigue noire …

Mais tout autour de lui des peintres et des clercs,
Des lettrés, des savants , et des poètes chantent
La douceur de l’amour, sa victoire éclatante
Sur l’inutilité des hauts faits de la guerre.

Alors rasséréné par cet aréopage,
Retrouvant son sourire et son âme d’enfant,
Le bon roy s’est saisi de la coupe d’argent
Tout emplie d’hydromel que lui tendait son page.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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