Le renard

Le Sauze est englouti dans le profond sommeil
Qui prélude à Noël et son tapage fou.
Un pelage de feu, un pelage si roux
Qu’il est à lui tout seul un coucher de soleil :

C’est un petit goupil paradant dans la rue
De la station fermée où l’on entend le bruit
De la neige qui tombe. Et son museau pointu
Hume la fraîcheur bleue et vive de la nuit.

Sa longue queue touffue qui traîne sur la neige
Y dépose une trace légère et froissée.
Il fait vraiment très froid ; il est si affamé
Qu’on va trouver demain les quelques laissées beiges

Qu’il aura déposées pour marquer son chemin.
Il a vraiment très faim, et sa fourrure rouge
Cache bien sa maigreur de petit clandestin.
Mais il vient de flairer un mirage qui bouge :

Un bond prodigieux ! Et un ressort musclé
Se détend et retombe sur une souris
Badant au clair de lune au milieu de la nuit …
Puis le renard repu repart pour son terrier.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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