Le rasoir

Il a enfin osé ! Ses trois duvets follets
Sont encor bien trop fins pour qu’il les escagasse,
Mais il n’attend que ça : qu’ils soient assez vivaces
Pour ressembler enfin à des poils avérés.

Il a tergiversé pour faire le grand saut
Et caché le rasoir au fond de son tiroir ;
Il est un peu honteux, mais nul ne doit savoir
Qu’il désire être un homme ! Il se sent un peu sot

Car, depuis, sa peau cuit et lui fait vraiment mal :
Elle est encor trop tendre ! Si Aude le savait,
Elle rirait de lui… Il voudrait lui prouver
Qu’il est bien devenu un authentique mâle

Et n’est plus un minot ! Mais elle lui fait peur,
Comme ces m’as-tu-vu de filles dans sa classe…
Il ouvre le frigo et met un peu de glace
Sur ses joues irritées, pour calmer ses rougeurs.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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