Le rapace

Poème illustré par un tableau de :

Tonygram
www.artquid.com

Son bec impitoyable est une lame courbe,
Et son regard sans âme est jaune, dur et froid.
Posté sur un sommet que le brouillard embourbe,
Il fixe obstinément la plaine qui poudroie

Sous la neige tombée sans arrêt dans la nuit.
La montagne est silence, et sur le ciel glacé
Est encore posé un cercle bleu qui luit.
L’oiseau sur son rocher ressemble à un guerrier ;

Ses ailes sont immenses, et quand il les étend,
Leur ombre se déploie sur le monde d’en-bas
Minuscule et si blanc. Au bord du vaste étang,
Tout se fige et se tait, plus une vie ne bat ;

Car l’oiseau en planant au dessus des champs bleus
Tient la mort enserrée dans ses griffes d’acier.
Son long regard perçant est comme un trait de feu
Qui frappe et qui foudroie jusqu’au creux des terrriers.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Hiver, La Haute Provence, Zooland. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire