Le raisin

Un grain, et puis un autre, et puis un autre encore,
Des pourpres, des dorés, petites boules d’or
Si lisses sous la langue et croquant sous les dents
Avec ce jus qui gicle et ces pépins craquants !

Un grain, et puis un autre, et puis cinq, et puis dix,
Tout ronds et tout dodus, rebondis, et qui crissent,
Sucrés comme du miel, enserrés dans des vrilles
Enroulées en ressorts costauds qui se tortillent.

Un grain, et puis un autre, et puis dix et puis vingt,
Emplis jusqu’à ras bord d’hydromel et de vin,
Serrés l’un contre l’autre en gentils petits frères
Attendant qu’on les cueille,  inondés de lumière.

Un grain , et puis un autre, et puis cent, et puis mille …
Puis une énorme grappe rampant jusqu’à la ville
– Des millions de grains qui vont rouli-roulant –
Et la Terre envahie par un raisin géant !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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