Le platane

 

ll est comme un berger au milieu du troupeau.
On l’a toujours connu au centre de la place
Protégeant en été les bancs et les terrasses
De la lumière drue qui ruisselle à vau-l’eau.

Son ombre bleu-marine est même un peu frisquette
Et ses feuilles dentées distillent leur fraîcheur
Au village repu qui dort dans la torpeur
D’un mois d’août assoiffé où le soleil trompette.

Son écorce polie s’écaille peu à peu,
Blanche tachée de roux, de vert et de marron
Comme un beau vieux tissu qui enserre le tronc
Et qui forme parfois des images en creux.

On l’écime en hiver de façon ridicule,
Ne laissant plus là-haut qu’un tout petit fagot,
Mais la vie vibre en lui avec de tels sursauts
Qu’il rejaillit toujours en rameaux majuscules.

C’est l’arbre somptueux du Midi, et sa chance
Car il tempère un peu l’étouffante chaleur ;
Il est immense et bat comme un énorme coeur,
Vivant symbole vert de toute la Provence .

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à Le platane

  1. ANI PASCAL a ecrit :
    Bonjour Madame,

    La Ville d’Alès et en particulier le service Nature dont je suis responsable finalise un projet d’aménagement d’un parc méditerranéen avec différentes zones dont une magnifique plataneraie qui est fréquentée par de très nombreuses personnes âgées qui apprécient l’ombrage. Je suis tombé sur votre texte évoquant les platanes et je vous demande l’autorisation de l’utiliser sur le panneau que nous concevons avec votre signature. Merci de considérer ma demande avec bienveillance. Dans l’attente recevez madame l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

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