Le patriarche

Découpé sur l’azur, un énorme olivier ;
Un vétéran tordu, le plus vieux de Provence
Et sans doute, qui sait ? peut-être bien de France !
Un arbre invraisemblable assis sur un muret !

Avec son tronc épais d’un peu plus de vingt mètres
Couturé par le temps, d’un âge vénérable
De plus de deux mille ans, c’est un vieillard aimable
Tout couronné d’argent. Il est vraiment le maître

De tous les oliviers de toute la région.
On afflue de partout pour mieux le révérer
Car il est un symbole : il est l’arbre sacré
Des pays du Midi où chantent ces grillons

Qu’on appelle cigale(s) ! Il en est le gardien
Depuis l’aube des temps ; depuis que chaque été
Elles trouvent refuge au coeur de sa ramée.
Elles sont à l’abri et le lui rendent bien

En crissant à tue-tête au creux des feuilles grises.
Sous ses mille rejets il est tout biscornu,
Vraiment laid et touchant : un géant presque nu
Aux minuscules feuille(s) frémissant dans la brise.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à Le patriarche

  1. Débla dit :

    Superbe site où je me retrouve, étant une fille de Provence …..

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