Le nuage éperdu

ciel irisé

Il y a tout là-haut un nuage éperdu
Qui ne comprend pas trop comment il s’est perdu
Au début du mois d’août dans le ciel de Provence :
Tout est bleu alentour. Un désarroi immense

Fait tressaillir d’effroi les innombrables gouttes
Dont il est composé ; et un vent de déroute
Serait le bienvenu, qui viendrait le chasser
Au loin vers l’horizon. Las et désemparé,

Il sent monter d’en-bas des millions de regards
Vraiment désobligeants, qui n’ont aucun égard
Envers sa solitude et son destin cruel.
Les humains voudraient tous un ciel pur éternel !

Le nuage gémit. Le mistral alarmé
S’en vient à son secours, l’envoyant valdinguer
Vers le Sud, tout là-bas, au-delà de la mer…
Le voici maintenant au-dessus du désert,

Ovationné, loué par des milliers de voix
Car dans certains pays les nuages sont rois…
Lors, gonflant de bonheur, le tout petit nuage
A crevé sur Djanet en un énorme orage.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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