Le moineau

Il fait sec, il fait chaud. Il fait si sec et chaud
Qu’un incendie a pris pas très loin de Fuveau.
Le feu gonfle et s’étend, et la faune affolée
Tourne et va, va et vient, s’encourt à la volée

Jusqu’à l’étang des Drus en ne sachant que faire.
Bientôt le bois de pins deviendra un enfer !
Mais seul dans la mêlée un tout petit moineau
De son bec minuscule hume deux gouttes d’eau

Qu’il s’en va recracher aussitôt sur les flammes.
« Mais suis nous, crie un geai, n’y laisse pas ton âme !
Nous devons tous partir, nous sauver au plus vite !

Ne t’obstine donc pas, il faut prendre la fuite !
Que pourrais-tu y faire ? Il est déjà trop tard ! 
– Laisse ! dit le moineau. Je veux donner ma part ! »

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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