Le magasin

Chez nous dans la Rue Grande il est un magasin
Qui change constamment : et de propriétaire,
Et d’enseigne, et de tout. «  Aux plaisirs Lambescains ».
Un lieu auréolé d’un halo de mystère !

On ne sait trop pourquoi nul ne peut y rester
Plus d’un an… parfois deux ! Mais aucun commerçant
N’y gagne assez sa vie pour pouvoir s’y fixer :
Quiconque s’y essaie vient s’y casser les dents,

D’autant plus qu’on raconte qu’un jour un brave homme
S’y pendit haut et court, après avoir perdu
Sa jeune et jolie femme et l’assez belle somme
Qu’il avait épargnée. Un pauvre vieux, cocu,

Et de surplus ruiné ! Sa veuve revendit
Le commerce souillé par cette mort inique
A un pauvre quidam qui n’était pas d’ici
Et ne mit pas un an à fermer la boutique…

Et depuis c’est ainsi ! Même Antonin Laffitte
Dont on dit qu’il saurait revendre le Vieux Port
N’a pu s’y établir et y a fait faillite !
Qui mettra donc un terme à tout ce mauvais sort ?

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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