Le loup

 

Un grand loup d’Italie s’en est venu rôder
Du côté d’Enchastraye : c’était un vieux briscard
Aux quatre cent mille coups, rapé et couturé,
Gris ou peut-être brun, avec dans le regard
De la sauvagerie et des reflets dorés.

Le chasseur qui l’a vu l’a pris pour un grand chien
Fuguant loin de son jas, perdu dans la montagne.
Et le loup confondu ainsi réduit à rien
En a perdu ses crocs, sa fierté et sa hargne.
Il est donc reparti vivre parmi les siens.

C’était un grand loup maigre aux côtes apparentes,
Boitillant même un peu tant il était âgé,
Qui a fui loin du Sauze et bien loin de la Rente
Pour retrouver sa harde et de la dignité.
C’était un vieux loup gris à l’échine traînante.

Pour Daphné

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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