Le havre

Poème illustré par un tableau de :

James Ensor
(1860-1949)

Au cœur de sa maison, chacun devrait avoir
Un petit coin à lui, un havre, une retraite
Pour pouvoir s’y nicher comme en un reposoir ;
Un refuge égoïste et presque une cachette

Où l’on désapprendrait le monde environnant.
S’y requinquer tout seul, y retrouver l’espoir
Quand on vient de subir moult gens empoisonnants
Qui vous ont assailli du matin jusqu’au soir.

Avoir un peu de temps, rien qu’à soi, pour souffler
Sans l’Autre et les enfants ! Juste avant de reprendre
Le ronron familial, ce train-train boursouflé
De tout petits soucis qui pourraient bien attendre.

Au cœur de sa maison, un tout petit recoin,
Un endroit bien à soi où l’on pourrait renaître,
Méditer, – juste un peu – oublier qu’on n’est point
Seulement un quidam, et qu’on ne voudrait… qu’Etre !

Pas juste le devoir, la tribu, le travail,
Mais un peu d’égoïsme, un peu de solitude !
Le droit de paresser et de sortir des rails,
Avant que le bonheur changé en habitude

Truffée de rituels ne paraisse pesant,
Que le chemin à deux ne devienne épuisant.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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