Le hameau perdu

Au fond du val d’Enfer gît un hameau perdu
Qui se meurt lentement car il est d’un autre âge ;
Jours mornes, grisailleux, solitude absolue
Pour quelques montagnards accrochés au village

Et qui n’ont pas choisi cette triste existence !
Ce sont souvent des vieux que leur funeste sort
A englués ici par grand’manque de chance
Et qui ne peuvent plus qu’y attendre la mort.

En hiver sous la neige il est fort pittoresque !
Pas pour ses Hauts-Alpins encor plus isolés
Au pied des monts pointus dont l’ombre gigantesque
Enténèbre de bleu le creux de la vallée.

La plupart des maisons ont été désertées ;
La route qui y mène est étroite et pentue,
Toute tournicotante et parfois empruntée
Par l’auto du facteur ou quelques farfelus.

Quand le dernier vieillard aura fermé les yeux,
Le hameau lentement se désagrégera ;
Des orties pousseront en gagnant peu à peu
Les murs tout délabrés où gîteront des rats.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans La Haute Provence. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire