Le grillon

Peut-être exténuées, les cigales se taisent
Quand prenant le relais sur un joli fa dièse,
Un grillon amoureux se met à striduler :
Son chant est harmonieux et beaucoup plus varié

Que celui de ses soeurs adeptes du soleil ;
Soleil qui s’est éteint, bien qu’une ombre vermeille
Teinte encor les sommets du côté de Salon.
Actionnant son archer, le tout petit grillon

Sort tout son répertoire et enchante la nuit.
Il fait tiède et il aime qu’il en soit ainsi,
Que l’air soit encor chaud car c’est un grand frileux…
Mais chut ! S’il vous détecte, un bond prodigieux

L’expédiera plus loin, du côté de l’étang.
Il chante un air aigu, harmonieux, et son chant
Porte chance, dit-on. C’est pourquoi les Chinois
L’élèvent, le gardant dans des cages de bois

Ouvragé et précieux, comme porte-bonheur !
Mais ils l’aiment aussi – on en frémit d’horreur !
Rissolé ou bien frit en guise de dessert.
Comment peut-on manger ce charmant orthoptère ?

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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