Le gnôme de ménage

Naïs est fainéante, et seules les contraintes
La font un peu bouger : elle est bien obligée
D’en faire un minimum ; mais doit y être astreinte
Pour parfois s’attaquer aux travaux ménagers !

A la Foire aux Génies, elle s’est acheté
Un gnôme de ménage : un être barbichu,
Aussi vif qu’un oiseau et jamais fatigué,
Sans cesse sur le pont ! Les mots : « las » et « fourbu »,

C’est sûr, il les ignore ! Et Naïs est ravie
De voir que sa maison est parfaitement clean
Sans qu’elle bouge un doigt. Phénomène inouï
Que ce joyeux lutin, s’agitant dès mâtines,

Turbinant sans arrêt, sans prendre de repos :
Il range et il cuisine, il cire et il récure
Ses tommettes, ses murs, ses meubles, ses carreaux…
Elle ne comprend pas que c’est une imposture

Et que son factoton ne lui veut pas de bien !
Car si elle jubile en prenant bien ses aises,
Vautrée sur son divan et ne faisant plus rien,
De jour en jour plus grasse, elle devient obèse…

Lui en est très heureux : il va enfin pouvoir,
Quand sa difformité en fera une infirme,
Flemmarder à loisir en prenant le pouvoir !
Mais il est très patient : en attendant il trime…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans A la maison, Contes, Les gens. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire