Le glouton

Au menu, aujourd’hui, ce jardin délaissé
Qu’on n’a pas arrosé depuis un ou deux jours ;
Les berges du talus, un massif oublié
Tout au fond de ce square et où jouent des amours

De tout petits enfants à la peau délicate :
S’il en est parmi eux qu’on n’a pas protégés,
Je vais me régaler ! Ma bedaine écarlate
Et prête à éclater va aussi se gaver

Du cuir pourtant bien dur de ces vieux loups de mer
Qui croiraient mordicus être déshonorés
S’ils protégeaient leur peau. Je suis leur adversaire
Et un ogre affamé. Mais l’on veut ignorer

Que si je suis la vie, je peux aussi tuer.
J’adore me nourrir de toute chair fragile ;
Il faut se protéger de ma férocité !
Adeptes de la plage, adorateurs serviles

De ma toute-puissance et mes fausses promesses,
Méfiez-vous tout le temps de l’énorme appêtit
Qui me fait me repaître de votre faiblesse.
Faites attention à moi : il va être midi !

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Contes, Le soleil-lion, Méditerranée. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire