Le flocon de neige

Tout aussi léger qu’une plume
Et malmené par le mistral,
Je scintille tel un cristal
Dans le ciel gris dès que s’allument

Mes rais d’étoile minuscule.
Etincelant comme un diamant,
Je virevolte doucement,
Semblable à ces animalcules

Flottant au fil bleu des rivières.
Je plane jusqu’au sol gelé
Où, ne pouvant vivre isolé,
Je vais m’agglutiner aux frères

Que le père Hiver m’attribue.
Solidifié, je me morfonds,
Puis quand avril renaît je fonds
En une eau claire et vite bue

Par les prairies qui reverdissent.
Réduit à rien par le soleil,
Je lui dois pourtant mon réveil
En goutte d’eau, et je m’immisce

Dans le sein fécond de la terre.
J’y suis très bien et j’y attends
La renaissance du printemps
Pour remonter vers la lumière,

Redevenu larme de brume.
Eternel recommencement
Né du cycle infini du temps
Et de l’eau dont je suis l’écume…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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