Le feu

Il se tortille et s’entortille
En rubans rouges et safran,
Puis il lance ses escarbilles
A l’assaut des bûches d’argent.

Poitrine brûlante et dos froid,
Recroquevillé l’on frissonne.
Cependant le feu qui tournoie
Ronfle comme un chat qui ronronne.

Des langues bleues, des langues jaunes
Lèchent le bois déjà noirci
Et les flammes qui carillonnent
Dansent crépitant à l’envi.

Puis tout se calme. On est si bien.
L’enfer s’est transformé en braise.
Tout est au tiède, et le vieux chien
Pousse de sourds grognements d’aise.

La cendre est chaude sous les bûches ,
Et le feu a mis sa sourdine .
De longues flammèches trébuchent
En étincelles mandarine.

On est si bien qu’est oublié
L’hiver qui piétine dehors
Fulminant et dépenaillé.
Le feu s’écroule en gerbes d’or .

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans A la maison, Hiver. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire