Le fantôme

Automne

Le ciel tremblote un peu car il est embrumé
Par un brouillard léger aussi ténu qu’un voile
Estompant la nuée où clignent les étoiles ;
Il fait même un peu froid en cette fin d’été…

Prémices de l’automne ? Surtout ne me dis pas
Qu’est déjà terminée cette saison si douce
Où j’ai pu respirer l’odeur de ta peau rousse
En t’aimant follement ! Et tenir dans mes bras

Ton corps doux et parfait aux si tendres contours !
Quelques feuilles tombées craquent, criquent et crissent
Sous mon pas solitaire, et quelques larmes glissent
Sur mes joues mal rasées. Oh, ta peau de velours

Sous mes mains affolées d’amant très amoureux…
Tu n’es plus que regrets, tu n’es plus qu’une image ;
Mais je vais m’obliger à être vraiment sage,
Sinon je vais mourir, étant trop malheureux.

Ton petit nez pointu était tout piqueté
D’étoiles de rousseur… Ta peau était si blanche
Qu’elle en paraissait pâle… Et mes mains sur tes hanches
Dessinaient les rondeurs de ta féminité…

Le ciel tremblote un peu à cause de mes pleurs.
Ma rousse bien-aimée, tu n’es plus qu’un fantôme
Aspiré par le temps qui me déchire comme
L’automne a dépecé ses éphémères fleurs.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à Le fantôme

  1. Comme la Poésie permet tout, je me suis glissée dans la peau d’un homme pour écrire ce poème. Homme ou femme, la souffrance est la même pour tous, non ?
    Vette de Fonclare

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