Le déraciné

Poème illustré par un tableau de :

Augustin Carrera
www.galerie-ardeo.com

Loin des yeux, près du coeur ! Oh, mon cher vieux Midi,
Comment donc supporter d’être éloigné de toi ?
Je viens d’être muté, et j’ai déjà si froid…
Et ce n’est qu’un début d’après ce qu’on m’a dit !

L’automne s’est passé, je pense, à peu près bien ;
Mais depuis quelques jours l’hiver montre son nez.
Pourquoi ont-ils fait ça à un gars qui est né
Au pied du Garlaban ? Qui ne connaissait rien

A l’horrible climat qui sévit à Paris ?
Où est donc mon soleil, sa chaleur, sa lumière ?
Je subis maintenant la pire des misères !
Qu’avais-je fait au Ciel pour qu’on m’envoie ici ?

Et cette humidité qui me fait grelotter ?
Je n’y survivrai pas : je suis comme ces fleurs
Qu’on ne pourra jamais faire pousser ailleurs
Que dans leur propre terre ! Et à trop frissonner,

Je vais me disloquer en tout petits morceaux !
Je ne suis bon à rien car sans cesse je pense
A ce que j’ai laissé dans le Sud en Provence.
Tant pis pour mon travail : je retourne à Allauch…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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2 réponses à Le déraciné

  1. michel dit :

    merci beaucoup pour cet poème !
    voilà quelques photos d’Allauch sous la neige 🙂
    http://www.allauch.com/phototheque/album.php?id_album=250&stat=ok
    salut,
    Michel

  2. Merci pour ta fidélité, Michel ! On verra en hiver pour les photos…

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