Le crampon

L’hiver enraciné n’a toujours pas compris
Qu’il doit céder la place et qu’un nouveau printemps
Est tout prêt à régner. Bien qu’il soit tout flapi,
Il ne fait qu’embêter la nature et les gens !

On en a plus qu’assez : on voudrait ressortir
Nos vieilles tongs pourries et nos habits d’été,
Arrêter le chauffage et voir les fleurs sourire
Dans le fond du jardin tout recroquevillé.

La Provence grelotte et n’y comprend plus rien.
On devrait avoir chaud, aller se promener !
Un peu de pluie, d’accord ! On le conçoit fort bien,
Mais pas ce temps si froid complètement cinglé !

C’est la faute à l’hiver qui ne veut pas mourir,
Un hiver à histoire et qui n’a pas compris
Qu’il est un temps pour tout ! Et l’on a beau rugir
Qu’il lui faut dégager, que son temps est fini,

Il n’y a rien à faire : il ne veut pas partir !
Il faut l’ébouillanter, l’engueuler, l’insulter !
Que le soleil flemmard le force à déguerpir !
C’est inimaginable : on est au mois de mai…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Hiver. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire