Le collectionneur

Sa maison est rouge et bat comme un cœur,
Surtout au printemps, quand la sève monte
Dans son beau jardin. Maison du bonheur,
Joli bastidon, paradis qui compte
Plus que tout pour Jean, le collectionneur

D’objets vermillon, tout comme son mas.
C’est un vrai bazar dans toutes les pièces,
Mais ce grand foutoir ne le gêne pas
Il conserve tout, avec allégresse,
Pourvu que le rouge en soit le substrat.

Alors, mes amis, cherchez avec moi
Quels sont les objets qui ont cette teinte :
Des plantes, des fleurs ? Oh non, surtout pas !
Cerises, piments, rouges térébinthes ?
Non, nul végétal dans ce grand arroi !

Seulement des trucs rouge vermillon
Ou rouge carmin ou rouge garance !
Le rouge leur donne accréditation,
Même si c’est laid ! Non, pas plus de chance
Aux jolis objets ! Seule condition

Qui ne souffre point de contradiction :
Etre rutilants comme des tomates !
Une maladie ou une addiction ?
Je connais des gens qui sont numismates,
Pas plus fous que Jean avec sa passion.

Cependant c’est sûr, un jour il mourra.
Qui héritera de tous ces objets
Vraiment très spéciaux engorgeant son mas ?
Quelqu’un devra-t-il se croire obligé
D’acquérir ainsi un pareil fatras ?

C’est ainsi pour tout, l’on n’emporte rien ;
Tant accumuler est vraiment futile !
Jean ne laissera que de pauvres biens
Encombrant quelqu’un d’un poids inutile.
Mieux vaut rien n’avoir, tel un bohémien !

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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