Le ciel s’est embruni…

lapper peinture

Poème illustré par un tableau de :

Alison Lapper
www.point-fort.com

Le ciel s’est embruni de bien male façon
Et poisse les toits bruns d’une brume jaunâtre.
L’hiver encor tout neuf s’insinue, opiniâtre,
Au fin-fond de la rue jusqu’au coeur des maisons.

Il va falloir s’y faire : il est là, l’on y est !
Ressortir les manteaux et bien fermer sa porte,
Puis rallumer le feu… Que le Diable m’emporte !
Mais ce temps de malheur, je ne pourrai jamais

L »accepter de bon coeur car j’ai déjà donné
En ma prime jeunesse*. Je me souviens encor
De ma peau racornie, de mes frissons d’alors,
De mille autres ennuis… Il faut me pardonner

D’avoir l’air d’un félon* : je pense qu’autrefois,
Je fus dame en Provence et contente de l’être ;
Que le hasard fut fou de m’avoir fait renaître
Sous des cieux trop frileux et bien trop gris pour moi* !

Maintenant c’est bien pis, chers amis Provençaux :
L’hiver me fait frémir d’angoisse et je proteste
Si deux jours d’affilée le soleil est en reste.
Les nouveaux convertis en font toujours bien trop !

*Je suis née à Nancy, en Lorraine !

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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