Le cadeau de Mimi

Chat

Ma maîtresse exagère. Et bien mal m’en a pris
De lui faire un présent ! Car elle vient encore
De remettre dehors la minable souris
Attrapée au jardin près de la mandragore

Pour la lui apporter avec moulte tendresse
Et la mettre à ses pieds avec beaucoup d’amour.
Elle a poussé un cri, et puis – oh, la traîtresse !
M’a reclus au cellier fermé à double tour.

Pas la première fois que je me fais avoir !
Elle a pris un balai pour chasser la bestiole…
Rien qu’en fermant les yeux, il me semble la voir
La pousser dans la cour pour qu’elle batifole

En se foutant de moi, bien loin de mes sévices
Et de ma cruauté. Après, décolérant,
Elle n’y verra plus qu’une sorte de vice
Envers lequel il faut être un peu tolérant,

Et me fera sortir ! Mais j’aurais bien mieux fait
De croquer mon butin ! Ma maîtresse est bizarre,
Qui mange du poulet et de l’agneau de lait
Sans se considérer comme un monstre barbare !

Et moi, pour un mulot, tel un croquemitaine,
J’aurai été parqué au fond d’une prison…
Lors d’une autre battue que j’espère prochaine,
Je commettrai mon coup bien loin de la maison !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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