Le bourgeon

Oh, dis-moi, s’il te plaît, que je ne rêve point :
Est-ce bien un bourgeon au bout de cette branche,
Qui aurait réchappé à cette gelée blanche
Qui givre encor parfois notre pauvre jardin ?

Un tout petit bouton, un léger et ténu
Atome de printemps ! Un espoir minuscule…
Se pourrait-il qu’enfin ce noir fléau recule,
Cet hiver aux longs crocs, honni et malvenu ?

Le bourgeon est si frêle au bout de son rameau,
Avec ses quelques brins quasiment invisibles,
Que parier sa survie serait presque risible !
Cependant il est là, triomphant et costaud…

Il est un peu pointu comme un tout petit cœur :
En tendant bien l’oreille, dis, pourrait-on l’entendre
Battre tout doucement sous ses feuilles si tendres
Et, malgré le grand froid, pousser avec ardeur ?

L’arbre est pourtant minable et semble exténué :
Le bourgeon aurait-il sucé toute sa sève ?
Il est bien assez fort pour prendre la relève
De la vie immortelle en mon jardin fané !

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Printemps. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire