Le bébé assassiné

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Un léger lumignon vient juste de s’éteindre :
Un enfant pas plus gros que les quatre gros poings
Qui l’ont roué de coups ! Petite vie en moins,
Souffle bien trop léger qui n’a pas pu atteindre

Le seuil de cette année, il a été tué.
Peut-être a-t-il crié plus fort que d’habitude ?
Mais enfin, mon petit ! Etait-ce l’inquiétude
D’un destin écourté qui te faisait couiner

Comme un tout petit chat se cherchant une mère ?
Tout de même, bébé, est-ce qu’à quatre mois,
On n’est pas assez vieux pour comprendre l’émoi
Que suscitent des cris ? Tu aurais dû te taire !

Ta bouche était pareille au minuscule coeur
D’une rose en bouton, mais sans doute rougie
Par trop de coups reçus ! Tu fus une bougie
Qui fut soufflée trop tôt… Bébé, sèche tes pleurs :

Va retrouver au ciel la cohorte des anges
Attendris et aimants qui vont te pouponner.
Tu as été puni car tu osais pleurer ?
Tu piaillais simplement comme font les mésanges…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à Le bébé assassiné

  1. Ecrit, je le reconnais, sous le coup de l’émotion… Et je vois que l’horreur de cet événement a également suscité la vôtre, tant vos propres commentaires ont été nombreux !

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