L’Avent

 

Les arbres sont encor tout tavelés de roux :
En gardant leur feuillage, ils ignorent l’hiver .
On dirait le printemps, le ciel est calme et doux
Et il reste au jardin quelques bribes de vert.

Mais ça grouille là-bas, partout il y a foule.
La nuit est tombée tôt. Des centaines d’ampoules
Font clignoter la terre et le ciel à foison.
Des centaines, que dis-je ! Des milliers , des millions …

Les minots bouche bée contemplent les vitrines.
Père Noël miteux tout pomponné d’hermine,
Un vieux gars les assied au creux de ses genoux
Et les parents émus lui donnent quelques sous.

L’on époussette un peu les moutons et la crèche,
Les santons et l’étable, et l’on coupe la mèche
Des bougies épuisées par de nombreux hivers.
Jésus dans son berceau a la tête à l’envers.

Car tout va bien trop vite, on s’épuise à chercher
Qui le dernier cadeau, qui du papier rocher.
Et si l’on ne sait plus pourquoi Noël existe,
L’amour et le bonheur bien malgré tout résistent.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à L’Avent

  1. Chère Madame,
    Après avoir cherché longuement sur Internet un joli texte sur l’Avent pour un industriel allemand (qu’il veut diffuser dans sa lettre d’information de décembre à ses clients francophones), je suis tombée sur votre beau poème sur l’Avent en Provence. Enfin !
    Ma question est donc de savoir si vous accepteriez que nous l’utilisions ainsi. Ce n’est pas un usage à proprement parler commercial, mon client veut seulement offrir quelque chose de plaisant à lire à ses revendeurs. Il va de soi qu’en cas de réponse positive de votre part, j’inscrirai votre nom en bas du poème.
    Merci d’avance de votre compréhension.
    Cordialement

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