L’arbre

Depuis peu, l’hiver paralyse
La nature qu’il engourdit ;
Un fol hiver qui s’enhardit
A rompre les règles admises.

Un arbre griffe le ciel gris.
Aussi pattu qu’une araignée,
Il tend ses branches résignées
Dans le brouillard. Il a maigri,

Dépouillé de tout son feuillage.
Distordu par l’énorme froid,
Il sent son sang gelé qui croît
Sous son écorce et qui ravage

Les cellules de son aubier.
Sa sève se recroqueville
Dans son tronc gelé qui se vrille.
Alentour l’air est pétrifié.

Ce n’est point un temps de Provence
Que ce temps bien trop rigoureux !
Seul le mistral en est heureux,
Qui vient juste d’entrer en danse

Pour accroître encor le tourment
De l’arbre qui geint et qui tremble,
Et qui de plus en plus ressemble
A un fossile au bois dormant.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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