L’araignée

Poème illustré par un tableau de :

Odilon Redon
(1840-1916) 

Sur ses huit pattes identiques,
Toutes velues, géométriques,
Elle est au centre de sa toile
Comme une minuscule étoile.

C’est une dentellière née.
Sur son hexagone parfait
Amarré un peu de guingois,
Elle attend, petit monstre froid.

L’aube naissante a déposé
Sur sa toile un peu de rosée.
Et, tissé entre deux brindilles,
L’édifice aérien scintille.

Mais le vent s’est mis à souffler.
La frêle dentelle emperlée
Palpite, frémit  et ondule.
Au centre l’araignée bascule.

Cependant tout reste arrimé,
La soie si fine est en acier.
Un court moment désarçonnée
La bestiole reprend son guet.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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