L’âne volant

Un jour à Gonfaron, comme c’était l’usage,
On décida de faire une procession
Vers la chapelle sise au-dessus du village,
Où tous priaient Quinis, leur vénéré patron.

On demanda alors à tous les habitants
De nettoyer les rues, chacun devant sa porte,
Afin que le village en soit bien plus pimpant.
Seul un vieux refusa : « Que le Diable m’emporte,

Gronda-t-il en colère. Faites passer le Saint
Au-dessus des ordure(s) : il n’aura qu’à voler ! »
Chacun en fut outré, mais le grincheux s’abstint
Et tous durent pour lui briquer et nettoyer…

A quelque temps de là, alors qu’il revenait
Cahoti-cahotant de son jas campagnard,
Jean trouva que son âne était très énervé
Par les taons vrombissants, la chaleur, le cagnard…

Il ne vit rien venir : alors qu’il descendait
Un chemin très pentu, l’animal s’emballa
Comme devenu fou ; il fit un vol plané
Au-dessus d’un ravin où l’homme culbuta !

Oh la la ! Mes amis… mais quelle rigolade !
« Saint Quinis l’a puni : c’est lui qui a volé !
Et c’est bien fait pour lui, cette dégringolade »
S’exclamèrent en choeur tous les Gonfaronnais.

Tout honteux et confus, Jean s’en fut se cacher…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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