L’âme du chien

Oh ! mes pauvres amis, c’est la première fois
Que sans le faire exprès je vous fais du chagrin !
Je vous vois tous pleurer*, et mon âme de chien
Est vraiment tourmentée par votre désarroi.

Mais j’avais dix-sept ans et j’étais si usé
Que la Mort m’attendait depuis des mois déjà.
Ce n’était pas sérieux d’aller plus au-delà !
J’étais un grand vieillard que le Temps délabrait,

Me rendant sourd, aveugle ; et mes vieux os craquaient
De multiples douleurs qui me faisaient gémir ;
J’étais incontinent, et bien las de souffrir
De ma vieille carcasse usée et dégradée !

Mon corps se délitait d’une telle façon
Qu’il était vraiment temps que je me laisse aller.
Le chagrin vous déchire et j’en suis si navré
Que je vais sans tarder prendre une décision :

Mon âme va rester parmi vos Invisibles.
Je serai toujours là, discret et effacé ;
Comme vos dieux d’antan, je vais vous protéger
En restant au foyer sans y être visible.

Je serai près de vous. Et toujours généreux,
Mon bon gros coeur de chien débordant de bonté
Vous gardera sans cesse sans être intéressé.
Mon seul but maintenant c’est vous savoir heureux…

* Le 10 février 2012 – 10h30

 

 

 

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

Ce contenu a été publié dans Zooland. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire