La visiteuse

Jeune fille

 

Poème illustré par un tableau de :

Laetitia Pillault

Elle a tout doucement posé sur mon épaule
Sa petite main fine aux doigts arachnéens,
En la serrant un peu. C’était tôt le matin
Mais peu importe l’heure : elle jouait son rôle

Et voulait me prouver qu’elle était toujours là :
Une ombre familière et que je sais fatale ;
Silhouette diaphane, entité amicale
Que je ne dois point craindre, attachée à mes pas.

J’ai bien senti sa main, lège telle une plume,
Qui a pressé ma peau ; et sur le champ mon coeur
S’est mis à tressauter, comme si une erreur
L’avait déprogrammé. Puis l’amante posthume

A retiré sa main, le flux s’est rétabli…
Mais elle n’est pas loin, telle une fée charmeuse
Qui aime bien jouer aux divas capricieuses
Et veut toujours montrer son pouvoir infini.

Elle me suit souvent. Je la sens là, derrière,
Qui voudrait me faucher tout en jouant un peu.
C’est une jeune fille ; elle est vêtue de bleu ;
Ses cheveux sont tressés de nuit et de lumière.

Mais je ne la crains point : je suis plus forte qu’elle !
Peu m’importe après tout si elle gagne enfin…
Car l’on m’attend ailleurs, là-haut vers les confins
D’un monde sans douleurs. Et mon âme a des ailes…

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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