La vendeuse de poisson

C’est tôt le matin qu’Isabelle
Vend son poisson sur le Vieux Port.
Sa voix lumineuse interpelle
Les chalands. Le « Roucaou d’or »,

Le « pointu » de son compagnon,
Est rentré depuis moins d’une heure
Et dans les bacs bleus les poissons
Sont tout frétillants de fraîcheur ;

Grouillant dans la vieille barcasse,
Les pagres, les loups, les dorades,
Les sars, les vives, les rascasses
Ont été pêchés dans la Rade

Ou près du Frioul. Mais demain,
Il va souffler un grand mistral
Et c’est l’ennemi de Germain
Qui grommelle, tempête, râle …

Mais Isabelle n’en a cure !
Souriante, aimable toujours,
Elle sait que le vent ne dure
Rarement plus que quelques jours.

Elle étête, vide et écaille,
Plaisante un peu et gentiment,
Se démenant vaille que vaille,
Donne une recette au client.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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