La valse des poissons

Un bouquet de poissons de toutes les couleurs
Virevolte en valsant autour d’un rocher bleu :
Des bijoux ciselés pour le plaisir des yeux,
Mais que seuls quelques uns ont la fortune et l’heur

De voir ainsi tourner dans un monde enchanté.
Viens avec moi, Phyllis ! Allons donc faire un tour
Là où l’été brûlant n’est plus qu’un demi-jour.
Suis moi et n’aie pas peur car nous allons plonger…

Nous sommes devenus des bulles si légères
Que nous devons lutter pour rester tout au fond.
Ton visage est très pâle et tes yeux sont tout ronds
Derrière le hublot. Devenus des chimères,

Nous flottons, ondoyant comme les algues rouges
Où se faufile et danse un étrange ballet :
A rayures, à pois, bariolés, chamarrés,
Les poissons ballotés par l’eau grise qui bouge

S’abandonnent tout doux. Puis soudain ils s’enfuient
Sans aucune raison pour revenir bientôt ;
Baguenaudant sans but et frôlant notre peau,
Ils sont immatériels : tout juste un friselis

De vie calme et tranquille aux tréfonds de la mer.
Sous nos palmes le sable est comme rayuré
Par des vagues dorées. Le soleil est gommé,
Réduit par l’ombre ocrée à un jeu de lumières.

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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