La traque

Slhouette de la mort

Il est bien sur la plage, avec toute la foule
Qui s’ébroue près de lui. Aucun danger ici !
Il se laisse bercer doucement par la houle
Et tente d’oublier un peu tous ses ennuis

Car il a déconné : il va le payer cher…
Mais il doit se lever. Il ne peut pas rester
Ainsi infiniment caché et solitaire ;
Et malgré sa terreur, il lui faut bien rentrer

Chez sa mère, là-haut, au sein des quartiers Nord.
Il paraît qu’aujourd’hui un mec s’est fait flinguer,
Le dixième à Marseille ; et qui se croyait fort,
Assez pour regarder de haut tous ces cinglés !

Il y a une meute attachée à ses pas
Et qui voudrait sa peau depuis ses conneries.
Personne sur la route. Il presse un peu le pas,
Va atteindre sa porte ; il est presque chez lui

Quand un scooter kaki jaillit du carrefour…
Il est tombé tout droit, le nez dans les ordures,
Comme un gros paquet mou juste au pied de sa tour.
Il avait dix-huit ans et s’appelait Mançür…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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