La traîtresse

  

                                                      

Poème pour Nicolas Vadelorge

Savez-vous qu’à Paris est né un grand scandale,
Insensé, inouï, et qui déjà régale
La Presse nationale ? Et même universelle :
Il ne reste qu’un trou en lieu de Tour Eiffel !

Car très tôt ce matin l’on a bien dû admettre
Que dans le monde entier tous allaient se repaître
De la triste nouvelle : la France avait perdu
Son plus beau monument. Disons ! le plus connu …

On a cherché partout en pensant qu’on rêvait !
Comment un tel prodige était-il arrivé
Dans un monde blasé, sans grande fantaisie ?
Où donc était passée la folle du logis …

Jusqu’à ce ce que le Mair(e) de la belle Marseille,
Modulant son accent coloré de soleil,
Révèle enfin à tous l’étrange vérité :
La belle était ici, on l’avait retrouvée

Les pieds dans le Vieux Port en train de prendre un bain !
En ayant eu assez du ciel gris, du tintouin
De Paris et du Nord, elle avait décidé
De tenter une fugue et prendre ses congés

Au soleil du Midi… Et depuis l’on essaie
De la persuader : elle doit remonter
Vers sa ville natale. Il en va de l’honneur
De Paris, de la France et même du bonheur

De tous les Parisiens ! Mais la Tour Eiffel rit,
Dit qu’on verra plus tard, promet puis se dédit ;
Elle prend du bon temps et n’en fait qu’à sa tête ;
Elle a même investi la plage du Prophète.

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Contes, Marseille. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire