La statuette

 

Sur le gravier de la terrasse
Une légère ombre dodue
Silhouette un peu saugrenue
Gît sur le miroir de la glace.

C’est tout rigide. Est-ce le gel
Qui a raidi en statuette
Cette infime et minime bête
Anéantie au creux du ciel ?

On dirait bien un passereau :
Plumes toutes ébouriffées
Et bec en V trop bien fermé.
Peut-être est-ce même un moineau ?

Une minuscule bestiole
Fauchée à l’orée du printemps,
Et que la cruauté du temps
Vient d’anéantir en plein vol !

Statuette tout emplumée,
Dure et roide, immobile et grise,
Insignifiante vie surprise
Par la barbarie de janvier …

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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