La statue

statue

Sous le ciel roux d’automne une statue de marbre
Délavée par la pluie. Le jardin est moisi,
Et un très long sanglot dégouline des arbres
Sur la femme dressée et blanche qui brandit

Vers les nuages gris ses longues mains ouvertes.
C’est une jeune fille aux cheveux pétrifiés
Où s’est entremêlée la moisissure verte
Déposée lentement par les années passées.

La sculpture est debout sur la sinistre pierre
Qui recouvre la tombe où gît son corps d’antan.
Y poussent chichement des filaments de lierre
Recouvrant son portrait et s’y entrelaçant

Pour mieux faire oublier qu’un jour elle fut belle,
Cette femme de marbre érodée par l’oubli
Et le temps qui la ronge ! Il ne reste plus d’elle
Que cette silhouette émoussée par la pluie.

Le Grand Saint Jean* est gris, et bien triste l’automne
Sous les nuages noirs obscurcissant le ciel.
Au pied de la statue un petit bouquet jaune
Eclaire ses pieds nus d’une touche de miel.

* Cimetière d’Aix en Provence

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Automne, Chez nous. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire