La solitaire

Poème illustré par un tableau de :

Edgar Degas
(1834-1917)

Mon Dieu, quelle douleur ! Qu’elle est dure la vie
De cette pauvre femme assise sur un banc
Du square Borély ; seuls quatre garnements
Y jouent malgré le froid en poussant de grands cris.

Son regard creux est vide et ses traits sont rongés
Par tous ces jours passés à errer dans les rues.
Elle est vieille, elle est seule ; elle n’est guère plus
Qu’un corps mou ballotté au gré de la pitié.

Marseille est fort morose en cet hiver précoce
Qui la rend toute grise et inhospitalière ;
Le mistral accentue le froid et ses misères.
La femme n’en peut plus de cette vie atroce !

Un peu plus loin la plage et la mer qui oscille…
Elle se lève enfin, avec autour du cou
Un vieux sac en faux cuir qu’elle traîne partout.
Elle est un peu courbée et son pas lourd vacille.

Elle est entrée dans l’eau qui clapotait. Touchée,
La Méditerranée l’a bercée un moment
Avant de l’emporter au loin vers le Couchant.
Sur la plage un soulier et un sac effrangé…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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