La ruelle

 

Au fin-fond de Marseille il est une ruelle
Etrangement tranquille et qui semble assoupie.
C’est plutôt le week-end que l’étroite venelle
Dort tout benoîtement une heure après midi.

Elle est tout engluée dans sa douce torpeur.
Une fontaine y pleut une plainte mouillée,
Mais nul n’en entend plus le glouglou chuchoteur
Car on dort trop profond derrière les volets.

Les murs sont écaillés et croulent sous les fleurs
Débordant de gros pots au vernis fissuré.
Un vélo oublié veut croire en un voleur,
Mais nul ne le prendra, il est bien trop rouillé.

Et bien que tout ici s’ébrèche de partout,
Des pavés aux trottoirs, des gouttières aux pierres,
On y a l’air heureux, l’on a même le goût
D’y vivre pleinement sous l’intense lumière.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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